jeudi 15 novembre 2012

Vientiane.... Bof!

Faut pas se méprendre, nous faisons un super voyage, de découvertes, d'imprévus, de rencontres, d'apprentissage et de moments émouvants, mais ça arrive! on n'a pas des coups de cœur pour tous les endroits que l'on visite et Vientiane est, à ce jour, notre passage obligé. On avait lu que deux jours étaient suffisants pour la ville. C'est vrai. Nous n'avons pas réussi à sentir le poûl, l'âme de cette ville. Le quartier touristique, Chanthabuli, le long du Mékong est animé le soir et on y trouve de bons restos, des cafés et de jolies boutiques, mais le jour ??? Évidemment il y a de beaux temples, de très beaux temples, des temples impressionnants et très riches, nous sommes dans la Rome du boudhisme laotien : imaginez l'Oratoire Saint-Joseph, la Basilique Notre- Dame, Notre Dame du Cap et Sainte-Anne de Beaupré réunis. Bon! J'exagère un peu, mais il y a beaucoup de pèlerins et beaucoup de droits d'entrée et beaucoup de kips (argent laotien) qui entrent dans les coffres.
Dimanche, après une promenade un peu décevante et sous une chaleur vraiment accablante (environ 42), nous avons décidé de faire "les bigs shots" et d'aller se la couler douce à la très jolie piscine du Settha Palace Hôtel "établissement classique de style luxueux, le Settha Palace est sans doute le meilleur hôtel de la ville", c'est pas moi qui le dit c'est Lonely Planet. Considérant que le prix des chambres varie de 170 à 200US$/nuit (une fortune ici) et que l'accès à la piscine coûte 15$/personne, on a choisi la journée-piscine et on s'est même payé un drink! Wow! Que cette pause nous a fait du bien! Et en plus c'était juste à côté de notre très chouette hôtel Day Inn, à 40$/nuit - grande chambre, petit salon, balcon, belle salle de bain, très propre.
Heureusement, le lundi 12, nous avons loué des vélos à 10 000 kips/jour (1,25$) et sommes sortis du quartier hôtels- restos. Ce n'est pas que la ville nous ait plus séduits, mais au moins nous avons circulé dans des quartiers où des laotiens vivent et travaillent. Vientiane, comme un peu partout au Laos est en construction-modernisation mais cette course à la modernité ne donne pas toujours des résultats architecturaux heureux et certains quartiers de la ville ressemblent à des chantiers de construction inachevés. Vivement sortons de Vientiane!

mercredi 14 novembre 2012

La récolte du riz








De Phonsavan à Vientiane - photos







De Phonsavan à Vientiane

En revenant de Phonsavan nous avons repris la route 7, direction Ouest, puis la route nationale 13, direction Sud, vers Vientiane. Jusqu'à Vang Vieng, nous sommes dans les montagnes et les paysages sont spectaculaires, après Vang Vieng la plaine et les rizières nous offrent des paysages verts et dorés. Nous sommes en pleine période de moisson et les villageois sont au champ travaillant à la faucille. Au Laos, il n'y a qu'une seule moisson de riz qui se fait à la fin de l'automne. Les laotiens laisseront passer la saison des pluies, de mai à septembre, avant de resemer pour une prochaine récolte. 
Tout au long du chemin, des villages bordent littéralement la route. Le gouvernement de la République démocratique populaire Lao a délocalisé plusieurs villages de montagne non électrifiés pour les rapprocher des zones électrifiées et favoriser le transport et la vente des récoltes des paysans vers les marchés publics. Nous constatons que dans presque tous les villages on a construit de nouvelles écoles et l'ancienne école de bois côtoie la nouvelle école de béton. Le Laos est un pays pauvre, très pauvre, nous le savions et l'avons constaté dès notre arrivée à Luang Prabang, mais nous constatons également que le niveau de vie change progressivement, c'est ce que plusieurs laotiens nous ont aussi confirmé et, au même titre que les écoles, les nouvelles maisons de briques remplacent peu à peu les anciennes maisons de pailles et de bois. Pour les villages de montagnes et pour plusieurs ethnies, la progression est toutefois lente, très lente et la pauvreté, accablante.



 




dimanche 11 novembre 2012

Les victimes oubliées

Lorsque l'on voyage en Asie du Sud-Est, on ne peut faire abstraction des guerres qui se sont deroulées dans ce coin du monde à la fin du 20ième siècle; la guerre du Vietnam étant celle ayant le plus marqué nos vies de jeunes adultes, nord américains, des années 60. Le Laos qui avait signé à Genève, en 1962, un accord international garantissant sa neutralité et interdisant toute présence militaire étrangère dans le pays se retrouva, de par sa situation géographique, au cœur même de la guerre de son pays limitrophe à l'Est, le Vietnam. C'est en passant par le Laos que les Nord-Vietnamiens, communistes, souhaitaient se rendre au Sud-Vietnam afin de combattre leur compatriotes, alliés des États-Unis. C'est également  au Laos que la CIA installa et finança une base et une armée secrète de 11 0000 Hmongs (lao des montagnes) afin de combattre l'ennemi communiste et c'est toujours au Laos que l'armée américaine déversa des MILLIONS de bombes contenant des MILLIONS de "bombies" qui jonchent toujours le sol. Durant cette période, de 1964 à 1973, des milliers de laotiens se sont cachés et ont vécu dans des grottes. Sur le chemin vers Phonsavan, nous avons visité une de ses grottes, la grotte de Tham Pha où se sont refugiés plus de 5 000 personnes.
Lors de notre visite à la plaine des Jarres, notre guide nous a informé brièvement de la situation mais c'est surtout en visitant le Centre d'information sur les UXO (unexploded ordnance) dirigé par le MAG (Mines Advisory Group) www.maginternational.org/laopdr que nous avons mesuré l'ampleur de l'horreur : entre 1964 et 1973, les États Unis ont largué plus de 2 millions de tonnes de bombes au cours de 580 944 sorties, 80 millions de ces bombes n'ont pas explosé. Une seule bombe contient 670 "bombies" de la grosseur et couleur d'une balle de tennis et qui elle-même contient 300 fragments de métal. Des villes, des villages et des milliers d'hectares de forêts ont été complètement rasés, entièrement détruits et le sol lourdement contaminé. De 1964 à 2007, plus de 50 000 accidents ont été répertoriés dont 20 000 après 1974, sur ces 50 000 accidents, 60% ont causé la mort et 40% ont provoqué de sérieux handicaps. Entre 2008 et 2011, on répertorie 395 accidents ayant tué 170 personnes. Plusieurs de ces victimes sont des enfants qui confondent les bombies avec des ballons ainsi que des villageois qui travaillent au champ.




Dans un pays ou plus de 60% de la population vit de l'agriculture et où le niveau de pauvreté est l'un des plus élevé au monde, l'accès des villageois à la terre de manière sécuritaire est fondamentale. De retour de la plaine des Jarres nous avons vu un camion MAG et une équipe de démineurs à l'oeuvre, je dois dire démineuses, car de plus en plus de femmes réalisent ce travail. Certaines zones près des résidences, des écoles et des zones propices à l'agriculture sont déminées pour une deuxième fois car on craint, qu'avec les années, certains explosifs remontent à la surface. De plus, les sols étant lourdement contaminés par les métaux et les produits toxiques se dégageant des bombes, il est très difficile de reboiser les montagnes environnantes car plusieurs espèces végétales ne survivent pas.
Dans ce contexte, la ténacité des paysans laotiens pour déminer, décontaminer et reconquérir leur terre est héroïque. Finalement, l'aide internationale et le gouvernement du Laos soutiennent des initiatives locales visant à faciliter la réinsertion et la rééducation physique de ces victimes oubliées.




vendredi 9 novembre 2012

En route vers Phonsavan et la plaine des Jarres

Jeudi 8 novembre, nous avons décidé de nous rendre dans la capitale Vientiane en mini van avec guide privé, en passant par Phonsavan, afin de visiter la plaine des Jarres. Ce choix d'excursion s'avère un peu plus couteux que le trajet en avion et évidemment plus cher que les autobus de groupe, mais il nous assure plein confort, arrêts et visites sur demande et surtout de voir le pays autrement que du ciel. Nous avons donc quitter notre cocon chaleureux de Luang Prabang laissant derrière nous le charme "UNESCOis" de cette ancienne cité royale restaurée. Nous savons bien qu'un quartier ne fait pas une ville et qu'une ville ne fait pas un pays, mais disons que de passer en une journée du charme coloniale de Luang Prabang à l'insipidité architecturale de Phonsavan est un choc esthétique assez brutal. Toutefois, la beauté des paysages pour se rendre à destination est à la hauteur de ce que nous en avions lu. En empruntant la route nationale 13 qui traverse le pays du Nord au Sud et qui offre des panoramas spectaculaires, puis la route 17 qui file vers l'Est en direction du Vietnam, nous avons vu des paysages montagneux spectaculaires et traversé plusieurs villages khamus et hmongs. 




Au Laos, les déplacements sont à l'image du reste de la vie, c'est à dire, lents. Les routes sont étroites, sinueuses, souvent parsemées de nids de poule dignes du nom, la vitesse maximale dépasse rarement 50 km/ heure et les motos, mobylettes, vélos, vaches, buffles et chiens partagent la voie avec les autos, les autobus et les camions. Je parle ici de la route nationale, imaginez les routes secondaires! Avec quelques arrêts pour admirer le paysage, manger et visiter un village hmong, nous avons mis 9 heures pour faire environ 260 kilomètres. 
Notre journée du 9 novembre est consacrée à la visite de la Plaine des Jarres. Notre excursionniste à engager un guide local, parlant très bien l'anglais, pour nous faire visiter les trois sites principaux, nommés 1, 2 et 3. La plaine des Jarres, qui n'est pas une plaine mais un vaste territoire montagneux s'étend sur plus de 100 km carrés autour de Phonsavan et est constituée de 90 sites répertoriés, comprenant plus de 2 500 jarres. Depuis la fin de la guerre du Vietnam, qui a horriblement détruit le Laos (j'y reviendrai) seulement sept sites ont été déminés et sont sans danger pour les visiteurs. Les jarres, faites de pierre brute, dateraient de 200 av.J.-C à 200 de notre ère. La majorité des sites, parsemés de cratères de bombes et de tranchées, sont sur des collines. Les jarres sont de dimensions diverses, mais la plus grande mesure 2,5 m et pèse plus de 6 tonnes. Plusieurs sont entières mais ont perdu leur couvercle qui jonchent le sol aux alentours ou ont tout simplement été dérobés, certaines sont éventrées et d'autres sont sur leur flanc. L'hypothèse la plus plausible pour leur usage semble être celle de l'urne funéraire, car des archéologues ont retrouvé quelques fragments d'os humains dans certaines jarres, mais le mystère demeure encore entier. Toutefois, vu leur emplacement sur les multiples collines de la région, on ne peut s'empêcher de faire l'analogie avec tous ces cimetières qui jalonnent nos campagnes et qui offrent à leurs "résidents" de vues imprenables sur la nature environnante. Nous nous sommes retrouvés seuls avec notre guide sur le site 3, surplombant les rizières fraîchement coupées dans le silence et la moiteur d'une journée de découverte bien fascinante.