Au Laos, les déplacements sont à l'image du reste de la vie, c'est à dire, lents. Les routes sont étroites, sinueuses, souvent parsemées de nids de poule dignes du nom, la vitesse maximale dépasse rarement 50 km/ heure et les motos, mobylettes, vélos, vaches, buffles et chiens partagent la voie avec les autos, les autobus et les camions. Je parle ici de la route nationale, imaginez les routes secondaires! Avec quelques arrêts pour admirer le paysage, manger et visiter un village hmong, nous avons mis 9 heures pour faire environ 260 kilomètres.
Notre journée du 9 novembre est consacrée à la visite de la Plaine des Jarres. Notre excursionniste à engager un guide local, parlant très bien l'anglais, pour nous faire visiter les trois sites principaux, nommés 1, 2 et 3. La plaine des Jarres, qui n'est pas une plaine mais un vaste territoire montagneux s'étend sur plus de 100 km carrés autour de Phonsavan et est constituée de 90 sites répertoriés, comprenant plus de 2 500 jarres. Depuis la fin de la guerre du Vietnam, qui a horriblement détruit le Laos (j'y reviendrai) seulement sept sites ont été déminés et sont sans danger pour les visiteurs. Les jarres, faites de pierre brute, dateraient de 200 av.J.-C à 200 de notre ère. La majorité des sites, parsemés de cratères de bombes et de tranchées, sont sur des collines. Les jarres sont de dimensions diverses, mais la plus grande mesure 2,5 m et pèse plus de 6 tonnes. Plusieurs sont entières mais ont perdu leur couvercle qui jonchent le sol aux alentours ou ont tout simplement été dérobés, certaines sont éventrées et d'autres sont sur leur flanc. L'hypothèse la plus plausible pour leur usage semble être celle de l'urne funéraire, car des archéologues ont retrouvé quelques fragments d'os humains dans certaines jarres, mais le mystère demeure encore entier. Toutefois, vu leur emplacement sur les multiples collines de la région, on ne peut s'empêcher de faire l'analogie avec tous ces cimetières qui jalonnent nos campagnes et qui offrent à leurs "résidents" de vues imprenables sur la nature environnante. Nous nous sommes retrouvés seuls avec notre guide sur le site 3, surplombant les rizières fraîchement coupées dans le silence et la moiteur d'une journée de découverte bien fascinante.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire